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On assiste sans doute à l’une des plus grandes extinctions d’espèces de l’histoire de la Terre. Pourtant, on continue à faire comme si de rien n’était. Ce qu’on nous enseigne en cours de géologie (peut-être même dès la classe de 3ème) est en train de se produire sous nos yeux. Les insectes, les oiseaux et les grands mammifères sans compter sans doute d’autres plus ou moins visibles.*

Comme peut-être certains d’entre vous, j’ai vu ce week-end, les images de cet ours polaire décharné et mourant de faim publié par un photographe de National Geographic. Comme peut-être certains d’entre vous, j’ai pleuré devant ces images. Tristesse, rage et impuissance. Le sentiment d’assister à une télé-réalité catastrophe inéluctable sans pouvoir influencer le cours des choses.

My entire @Sea_Legacy team was pushing through their tears and emotions while documenting this dying polar bear. It’s a soul-crushing scene that still haunts me, but I know we need to share both the beautiful and the heartbreaking if we are going to break down the walls of apathy. This is what starvation looks like. The muscles atrophy. No energy. It’s a slow, painful death. When scientists say polar bears will be extinct in the next 100 years, I think of the global population of 25,000 bears dying in this manner. There is no band aid solution. There was no saving this individual bear. People think that we can put platforms in the ocean or we can feed the odd starving bear. The simple truth is this—if the Earth continues to warm, we will lose bears and entire polar ecosystems. This large male bear was not old, and he certainly died within hours or days of this moment. But there are solutions. We must reduce our carbon footprint, eat the right food, stop cutting down our forests, and begin putting the Earth—our home—first. Please join us at @sea_legacy as we search for and implement solutions for the oceans and the animals that rely on them—including us humans. Thank you your support in keeping my @sea_legacy team in the field. With @CristinaMittermeier #turningthetide with @Sea_Legacy #bethechange #nature #naturelovers This video is exclusively managed by Caters News. To license or use in a commercial player please contact info@catersnews.com or call +44 121 616 1100 / +1 646 380 1615”

Une publication partagée par Paul Nicklen (@paulnicklen) le

Je vous assure, ça m’a empêché de dormir. Je n’arrêtais pas de me demander : qu’est-ce que je peux faire que je ne fais pas déjà ? Oui parce que je n’ai pas de voiture, je tends vers le zéro déchet, je privilégie l’agriculture locale et/ou bio, je ne mange quasiment pas de viande, je ne prends l’avion qu’une seule fois par an…

À quoi bon ?

À quoi servent donc tous mes efforts, qui n’en sont plus d’ailleurs car entrés pleinement dans mes habitudes ? A quoi servent-ils (hormis que c’est sans doute meilleur pour ma santé) si :

  • nos dirigeants n’ont pas le courage de prendre des décisions radicales
  • nos dirigeants nient l’existence même du réchauffement climatique
  • les grands businessman de notre temps et les nombreux startupers de notre “chère startup nation et d’ailleurs” se fichent de la planète
  • les populations des pays en développement rêvent toujours de notre “confort de vie” aka pollution, burn out et RSA.
  • les populations aisées ne remettent pas en question leur mode de vie issu des 30 glorieuses, belle époque de libération mais époque qui nous a aussi fait évoluer sur le chemin de l’obsolescence programmée, du jetable et de l’hyperconsommation.

(liste non exhaustive…)

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Identifier les actions “simples.”

Les films, les livres, les grands discours échouent à nous faire prendre conscience de cette crise majeure ou peut-être qu’ils n’échoueraient pas si le quotidien n’était déjà si difficile pour certains d’entre nous que notre énergie est mobilisé sur une unique chose : notre propre survie. Chômage, maladies, conditions de vie difficiles… Y a-t-il donc une “catégorie” de la population qui devrait plus se préoccuper du sort de notre planète bleue ? Mais qui ? Les riches ? Les privilégiés ? Les entrepreneurs ? Est-ce que j’en fait partie moi aussi alors que je ne sais qu’écrire et peut-être rassembler des gens autour d’une cause ? Quelle est l’action simple, immédiate qui peut avoir un impact mesurable à grande échelle ?

Je me rappelle par exemple, de l’interdiction des CFC par le protocole de Montréal pour stopper l’élargissement du trou de notre couche d’ozone a eu un impact fort. Le trou est en voie de disparition. Voilà une action “simple” qui a été appliquée de façon unanime.Si on applique la stratégie des petits pas sur le changement climatique, quel pourrait être notre nouveau (nos nouveaux ?) “protocole de Montréal” ? On sait déjà que ce ne sera pas l’accord de Paris, trop complexe, pas assez précis, pas tourné vers l’action et surtout diminué depuis le retrait des Etats-Unis…

 

Puisque le collectif peine et s’inscrit de toute façon dans le temps long, qui peut agir ?

Comment avoir un impact plus grand, plus rapide, plus fort que notre échelle individuelle (de “bobo-écolo”) ? D’ailleurs, est-ce qu’on ne pourrait pas arrêter avec ce cliché ? C’est bien beau de dire, il faut réduire nos émissions de GES. OK. J’approuve à 100%. Mais ça veut dire quoi concrètement ? Est-ce que ma voiture pollue vraiment plus que l’agriculteur du coin ? Quelles sont les échelles ? C’est quoi l’impact en terme d’émissions de GES des essais spatiaux de SpaceX ? ou des enièmes satellites de télécommunication qu’on envoie dans l’espace à grand coup de fusée ?

D’ailleurs, est-ce qu’on a besoin d’encore plus de technologies ? Sérieusement ? Est-ce qu’on n’a pas déjà tout ce qu’il nous faut ? Sachant que les voitures autonomes et autres robots, l’intelligence artificielle et les circuits de distributions sont déjà là ? Si tous les investisseurs signaient une charte pour favoriser les entreprises à impact écologique ? C’est bisounours ? Est-ce qu’au moins, ces fonds d’investissement pourraient arrêter d’investir dans des services qui n’intègrent pas la composante environnementale ?

Dans la même semaine, on a des incendies dévastateurs en Californie, SOS Mediterrannée qui sauve des migrants de la noyade, le cours du bitcoin qui dépasse les 17 000 dollars et cet ours qui meurt de faim (ouais, je ne compte pas Johnny et pourtant il est capable de rassembler un paquet de monde)…

Pourquoi marche-t-on sur la tête ? (question réthorique)

Pour finir

Et sinon ? Comment concrètement on aide ces ours ? On fait un don au WWF ? Est-ce qu’il faut créer une aire de protection ? Un genre de parc naturel de la banquise, comme une zone dans laquelle toutes les espèces sont protégées ? Oui mais comment on les protège de la fonte des glaces ?

J’ai une formation scientifique, je suis littéraire, je me targue de pouvoir rassembler des communautés d’intérêt. Je suis une optimiste de nature et je crois véritablement au pouvoir de la foule mais je n’ai pas les clés.

C’est quoi pour vous les actions simples à réaliser qui peuvent être faites partout dans le monde et qui pourraient avoir un impact direct sur nos émissions de gaz à effet de serre ? A l’échelle d’un pays, d’une entreprise ou du citoyen.

Edit : Ce n’était pas prémédité mais je publie fortuitement ce billet alors que se déroule le One Planet summit à Paris! Alors je vous mets un petit formulaire pour recenser les différentes idées ? On dira que c’est mon action pour cette journée. (J’ai essayé de le faire sur Framaforms mais ce n’est pas encore aussi simple)

PS : Ce billet n’est pas uniquement réthorique. Au delà de ce besoin de poser des mots, ce sont des questions que je me pose réellement, probablement biaisée car j’ai des yeux de freelance dans la communication, en banlieue parisienne et donc en France.

*CF publication Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines dans PNAS http://www.pnas.org/content/114/30/E6089.full

>> Billet initialement publié sur Medium