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J’ai encore reçu un mail aujourd’hui à propos d’une demande d’information sur mon parcours. J’essaie de répondre à tous mais il commence à y avoir du décalage temporel entre le moment où je reçois la demande et celui où je réponds. Du coup, je me suis dit que j’allais faire un petit post dessus mais pour comprendre, il faut faire un petit retour en arrière.

C215, XIIIe arr, Paris

Le problème de mon orientation commence à partir du moment où je découvre les sciences de la terre au collège. Jusqu’à ce moment, il n’y a peu de doutes quant à ce que je voulais faire : “prof de français au collège”. Mon collège n’était pas un collège réputé facile et j’ai vite tiré un trait sur mes années là-bas même si elles m’ont sans doute permises d’apprendre à encaisser, à “être forte” et à toujours essayer d’arrondir les angles. Comme en plus, je n’avais pas vraiment besoin de travailler pour avoir d’excellents résultats et j’en ai profité pour passer mon temps à autre chose, je dévorais des livres et je travaillais beaucoup au piano.

La découverte de la géologie a réveillé la passion de l’espace et après avoir proclamé pendant un certain temps que je serais “géologue sur Mars” je me suis vite rendue à la raison. Peu de moyens, pas de modèle à brandir en exemple etc. A la fin de la seconde, le choix fut donc terrible mais j’ai fini par faire quand même des sciences, un peu par défi (spéciale kassededi à mon prof de physique qui m’avait dit que je n’y arriverais jamais) et aussi parce que tout le monde me disait que le champ des possibles serait plus important si je prenais cette voie.

Le lac des vaches

Je me suis toujours arrangée pour prendre des options littéraires dans mon parcours scientifique car au fond de moi j’étais toujours bien partagée : fac de lettres modernes ou prépa BCPST (pour les concours de géologie?), double cursus à la fac sciences et lettres ? Finalement, c’est un documentaire sur la disparition de la mer Morte qui m’a décidée : je voulais travailler dans le recherche sur la question de l’eau et de son accès. (après tout c’est aussi une problématique martienne ^^)

Direction la licence de Sciences de la Terre à Paris 6. Un stage en labo qui m’a décidée à ne pas continuer et un mémoire sur les glaciers alpins et le climat qui m’a valu des compliments tant sur le fond… que sur l’écriture. C’est là que tout à réellement basculé. Le passage obligatoire par la thèse pour faire de la recherche me faisait très peur et l’existence d’un master de journalisme scientifique qui me permettrait de bifurquer juste après ma licence me faisait bien envie. Problème seules 15 personnes sur 200 étaient retenues en 1ère année à l’issue du concours d’entrée. Qu’à cela ne tienne, je me suis présentée après 3 semaines de stage de terrain de géologie et j’ai été prise. Je me souviendrai toujours des gens formidables que j’y ai rencontré.

Glacier de Gebroulaz

J’ai débuté ma vie de journaliste à ce moment là, en septembre 2007, avec l’idée de créer un petit magazine sur l’environnement pour les enfants. J’ai effectué différents stages (Ciel&Espace, Science&Vie Découvertes, Science&Vie, Energie Plus) et je commençais à cumuler les piges en même temps. A ce moment, très peu de web pour moi, si ce n’est un petit blog et chez Ciel&Espace sur un site qui démarrait juste. 😀

En 2009, je suis arrivée sur le fameux “marché du travail” après une année qui a marqué un tournant dans toute ma vie. Je continuais aussi mes piges et j’avais dans l’idée de participer au développement numérique de Science&Vie. La déception fut très grande quand j’ai compris que ce virage là n’était pas encore d’actualité pour eux. Heureusement, en parallèle, je m’étais beaucoup investie dans Knowtex, un “réseau social” pour les amateurs de culture scientifique qui s’est transformé en une plateforme et un blog dédiés aux communauté créatives et innovantes. J’ai rattrapé ma culture web durant ces années là et, identifiée comme une blogueuse, j’ai commencé à être invitée sur des événements. Très vite, l’idée de jouer avec la narration en temps réel s’est présentée et pendant près de 2 ans, j’ai pu expérimenter différents mode de digitalisation d’événements avec quelques comparses.

En 2013, Ondine est née pour me concentrer sur un projet. Concrètement Ondine c’est une agence spécialisée dans la production de contenus live sur événements : du livetweet au compte-rendu en passant par l’illustration et le reportage sonore en live. Par ailleurs, Ondine c’est aussi des gens et un chouette réseau de reporters aux compétences uniques. On a ainsi travaillé sur de nombreux événements, de différentes tailles et sur différents sujets. (cf le blog)

Deux ans plus tard, été 2015, on lance Sumrise, une plateforme qui permet à tout un chacun de créer / lire / partager des résumés d’événements. C’est le début d’une nouvelle aventure, un petit turning point dans l’agence et un gros pour moi car, si j’ai testé / utilisé / vendu de nombreux outils, créer le sien est une toute autre affaire.

Je considère que j’ai de la chance car le shift entre journaliste indépendante et ce que je suis aujourd’hui entrepreneur n’a pas été trop grand — en tous cas sur le modèle parce que ce n’est pas non plus easy baby tous les jours . Surtout, je n’avais jamais fait l’expérimentation du salariat. Par contre, ce qui change c’est le fait d’avoir une vision, un souhait et de se donner les moyens d’y arriver. Je voulais être journaliste pour transmettre des connaissances, les mettre à la portée de tous mais aussi rencontrer des personnes extraordinaires, raconter leur histoire, donner des modèles aux lecteurs. Je le souhaite toujours et tente de le mettre en oeuvre en prenant le milieu de l’événementiel comme véhicule.

Au final, je n’ai fait “que” transférer mes compétences — essentielles — de journaliste dans un autre domaine en tâchant d’en acquérir d’autres plus classiques comme le management ou la conduite de projet, ou que je n’imaginais même pas. Et on dirait que ce n’est pas fini ! 😉

Et vous ? Quelles sont vos histoires ?