Sélectionner une page

A l’occasion de la conférence de presse de TEDxChampsElyseesSalon Éducation j’ai découvert une personne fantastique : Emmanuelle Daviet, journaliste à France Inter. Et puis j’ai eu envie de connecter certaines initiatives qui parlent d’éducation, de l’autre, de la nature et du vivre ensemble.

“Les enseignements sont trop déconnectés de la réalité.”

Emmanuelle est journaliste mais pas seulement. C’est elle qui porte — avec le soutien du groupe Radio France — le projet #Interclass, un dispositif qui a pour vocation d’aider des collégiens de classes de 3ème et 4ème de collège en zone prioritaire à réaliser des reportages en les accompagnant tout au long de l’année scolaire. Le projet est né après les attentats de janvier 2015, comme une tentative de réponse à ce qu’il s’était passé.

Lors de son intervention, Emmanuelle Daviet nous a donné bien plus qu’une simple présentation du projet. Elle nous a partagé son expérience et surtout son ressenti que j’ai trouvé incroyable. A l’origine, il s’agit d’aider les élèves à comprendre la démarche du journaliste et les aider à décrypter l’information. Mais si les premières rencontres sont riches d’enseignements, très vite, cela devient finalement une façon de créer des ponts, une passerelle entre certaines zones difficiles que l’on peut véritablement et malheureusement qualifier de ghettos et la société française, ses valeurs, la liberté d’expression etc.

Casser les préjugés

Interclass c’est devenu aussi un moyen de lutter contre les préjugés que peuvent avoir d’une part ces jeunes vis à vis des journalistes et inversement. Car s’ils sont fortement présents, ces préjugés peuvent tomber dès lors qu’une écoute constructive, qu’une relation sur le long terme et qu’une demande d’argumentation deviennent la règle. En cela, des séances d’éducation aux médias ou de découverte des algorithmes des réseaux sociaux pourraient bien être utiles pour empêcher des murs de se former.

Comme Emmanuelle je suis persuadée qu’il faut s’intéresser à ces zones qui sont peuplées de jeunes, créatifs, volontaires et surtout qui ont une voix qui doit compter. D’ailleurs, tout au long de son intervention, les propos d’Emmanuelle Daviet ont résonné avec un documentaire que j’ai vu récemment : A voix haute.

Considérer les parcours

A Voix Haute, c’est un documentaire d’une heure dix, dans les coulisses de la préparation du concours Eloquentia de Saint-Denis, créé par Stephane de Freitas.

 

Ce fantastique documentaire m’a scotchée dans mon canapé. Par la volonté de cette promotion d’étudiants, par leurs parcours et histoires, terribles pour certains, par la bienveillance dont ils font preuve entre eux et par l’énergie de leurs professeurs et coachs. Alors c’est vrai que je me suis demandée pourquoi nos professeurs n’étaient pas aussi passionnés, pourquoi les projets transdisciplinaires n’étaient toujours pas légion dans nos écoles, collèges et lycées. Je peux le dire car je le questionne souvent au sein de ma propre famille où l’on est enseignant de père/mère en fille.

Vraiment, si vous le pouvez, regardez A Voix Haute. Vous ne perdrez pas votre temps. Il est encore disponible en replay aujourd’hui.

Les arts pour apprendre l’autre

Ce documentaire m’a rappelée ma prof de français en 5e qui s’était battue pour que notre classe de ZEP participe au festival du conte. Bien sûr, cela s’est fait en dehors de ses heures de cours. Mais quelle récompense quand certains de notre classe sont parvenus en demi-finale et que tous, nous avons pu assister à la finale nationale à l’Olympia. Pourquoi ces projets tellement fondamentaux ne sont-ils pas mis en valeur ? Quels moyens réels cela-demande-t-il de mettre un tel projet en place ? Pourquoi les projets artistiques qui sont transdisciplinaire de fait, ne sont-il pas valorisés en tant que tel dans notre système éducatif ?

Enfin, un troisième projet, un film de fiction cette fois m’avait déjà interpellée sur le sujet un peu plus tôt dans l’année. Il s’agit du film Divines, qui montre avec beaucoup de réalisme et une pointe d’humour l’histoire de deux jeunes filles de banlieue.

 

Là encore, la question de l’éducation et l’école est posée directement. La encore, la question de l’art et la possibilité de sortir d’une spirale par ce moyen est évoquée. La question aussi de l’environnement social et des barrières, celles-là même qui sont évoquées dans Interclass, sont montrées. Là encore le manque de connaissance de l’autre, le manque de dialogue avec lui, alors qu’on vit à quelques mètres, est criant. Comment en-est on arrivé là ? Pourquoi ?

L’environnement comme socle commun

Je ne peux pas terminer sans un dernier film qui m’a marquée et qui parle du vivre ensemble en filigrane. Un film qui ressemble à une utopie mais qui reste plein d’enseignements à sa manière : il s’agit de Captain Fantastic. Cette fable écologique pose de nombreuses questions sur notre société de consommation et la relation que l’on peut entretenir avec les autres mais aussi sur notre rapport à la famille et à la nature. Un beau film un peu rêveur qui questionne aussi sur l’extrémisme ou la radicalité de notre société y compris dans le choix de cette famille, héroïne du film. Un film qui parle en fait de modération, de respect et d’équilibre qui font écho à ce que l’on devrait trouver dans notre rapport à l’autre, dans nos rapports humains.

Agir à mon échelle

A ma manière, c’est ce que j’ai essayé d’explorer en co-organisant bénévolement le prochain TEDxChampsElyséesSalon Education. Parce que l’éducation, ce n’est pas seulement l’école. Parce que l’on apprend à tous les âges de la vie. Parce que l’on apprend en étant ouvert aux autres et à l’autre. Parce la politique actuelle et cette période électorale me font peur tant ces thématiques ne sont pas abordées. Parce que ces thématiques m’interpellent et que je crois très fort qu’en y travaillant, on pourra aussi répondre d’une autre manière à la crise environnementale.

A ma manière, c’est une façon parmi d’autres d’essayer de trouver des réponses, d’explorer de nouvelles voies. Peut-on apprendre à vivre ensemble ?C’est apprendre à vivre avec l’autre mais aussi à vivre sur notre planète, unique, en harmonie. C’est la question que je me pose, qu’on se pose et qu’on vous pose, dimanche prochain, à 15h à la Maison de la Radio.